Malgré que nos Loges se soient toujours empressées d’enseigner à leurs membres les préceptes de la morale la plus pure et de graver surtout dans le coeur des nouveaux reçus les leçons de la sagesse et de la vertu : nous avons cru devoir faire composer une règle générale pour tous les Maçons, qui leur traçât avec énergie ce qu’ils doivent à Dieu, à leur prochain, à eux mêmes, à leurs frères et à l’Ordre en général ; nous avons par conséquent adopté une règle, écrite dans les deux langues, pour être lue au Candidat lors de son initiation, et avons donné pareillement notre sanction à une paraphrase de cette même règle contenue en neuf articles, pour être soumise à sa méditation ultérieure et être lue quelquefois l’année dans nos Loges.On voit ainsi l'importance de ce texte parfois mis de côté, peut être en raison de la rigueur de ses exigences.
Bienvenu sur mon Blog... dans sa nouvelle mouture !
jeudi 16 juillet 2009
La Règle maçonnique évoquée dans le Recès du Convent de Wilhelmsbad (1782)
jeudi 9 juillet 2009
Le Régime écossais rectifié propose-t-il une doctrine à ses membres ?
Lors d'échanges électroniques récents autour des caractéristiques du Régime écossais rectifié. La notion de doctrine est apparue comme l'un des éléments caractérisant le rectifié (je l'évoquais ici). Cette doctrine est parfois présenté simplement comme la doctrine de Martines de Pasqually. Je suis personnellement plus nuancé que cela dans la mesure où Willermoz, même s'il fut disciple de Martines jusqu'à la fin de sa vie, avait sa propre personnalité et sa doctrine est fille de celle de Martines sans en être la réplique exacte. J'évoquais cette problématique dans un précédent billet de ce blog.
En tout état de cause, la notion de doctrine a surpris certains Frères et un échange s'est construit autour de la définition du mot doctrine (merci au B.A.F. P...O pour la définition).
Le site Atilf dépendant du CNRS donne une définition intéressante du mot "Doctrine" :
Ensemble de principes, d'énoncés, érigés ou non en système, traduisant une certaine conception de l'univers, de l'existence humaine, de la société, etc., et s'accompagnant volontiers, pour le domaine envisagé, de la formulation de modèles de pensée, de règles de conduite.
Il y a bien un "ensemble de principes et d'énoncés" et ils sont bien "érigés en système". Ces principes peuvent être résumés comme suit :
- Dieu est une immensité divine également défini comme une triade Pensée-Volonté-Action ou trinité Père-Fils-SaintEsprit
- Dans cette immensité divine il y a des êtres spirituels
- Certains de ces êtres se sont révoltés
- Ils ont été éloignés de Dieu et l'univers a été créé pour les y contenir (première chute, justice divine)
- L'homme est un être spirituel image de Dieu et sa ressemblance, initialement créé pour servir de geôlier de ses esprits rebelles avec comme tâche principale double de les contenir et éventuellement de les ramener à Dieu (clémence divine)
- A son tour l'homme s'éloignera de Dieu en tombant dans le piège tendu par les esprits rebelles
- il perd sa place initial et est contenu dans l'univers créé lui aussi (justice divine)
- il garde cependant des moyens de se rétablir dans sa position initial, et ce moyen c'est l'initiation qui lui permet de se rétablir lui même mais aussi de travailler (comme le plan initial le requerrait) au rétablissement de tous les êtres déchus (clémence divine)
- cette initiation correspond à un certains nombre de travaux (cultuels ou non) qui se font dans les pas d'élus (dont Adam, Noé, Abraham, Melchitsedek, Moïse ou encore le Christ)
- le Christ est le Verbe de Dieu (parfois appelé Volonté de Dieu) et il va prendre la place que l'homme avait avant sa chute
- étant l'Homme Dieu et Divin, donc à la fois homme et Dieu, il ne chutera pas et réalisera ce que le premier homme ne réussît point, c'est - à - dire l'ouverture de la voie conduisant, à terme, au rétablissement de chacun ("réconciliation") et de tous ("réintégration") dans la proximité de Dieu
On voit bien qu'il y a là une "certaine conception de l'univers, de l'existence humaine, de la société, etc."
Il y a aussi un "modèle de pensée" qui se forme ainsi que des "règles de conduite". Nous pouvons donner un exemple de ce modèle de pensée : il y a une symbolique des nombres qui accompagnent la doctrine décrite ci-dessus. Chaque nombre reflète une réalité. Par exemple le 1 est rattaché à Dieu. Le deux à la séparation (donc à l'esprit mauvais). Le trois est rattaché à la matière. Le quatre à l'homme, le cinq au malin, le six à la durée des choses terrestres, le sept aux esprits, le huit à l'esprit doiublement fort (4+4, c'est le Christ), le neuf à la fin des choses terrestres et le dix à la divinité en tant qu'elle se manifeste. Je résume à l'extrême mais ça donne une idée d'un modèle de pensée qui découle de cette doctrine.
Quant aux "règles de conduites", elles sont flagrantes dans le rectifié où l'on impose des vertus à chaque récéption : justice au premier, etc. On y impose aussi au candidat un "règle maçonnique" qui lui décrit les grandes lignes de ses agissements vis à vis de Dieu, de la patrie, de l'ordre, de ses frères, des hommes en général, etc. J'avais évoqué la Règle maçonnique dans un billet qui lui était dédié.
mercredi 8 juillet 2009
Elements différenciants du régime écossais rectifié (2/6) : caractéristiques générales de la classe maçonnique
- Questions d'ordre dans la Chambre de préparation
- Absence de réfénce à Salomon comme symbole du VM
- Triangle d'orient et sa devise
- Définition explicite du chandelier à trois branches
- Distinction entre nom et mot du grade
- Présence de l'épée à tous les grades
- Présence du couvre-chef à tous les grades
- Instruction morale en lieu et place d'un discours improvisé par l'orateur
- Une maçonnerie explicitement en quatre grades
- Une règle maçonnique
- La symboplique des nombres : un nombre par grade en ce qui concerne le candidat et un nombre par grade en ce qui concerne la loge
- Structure concentrique et non pyramidale
Elements différenciants du régime écossais rectifié (1/6) : caractère chrétien et doctrine
- de manière transversale dans la classe maçonnique
- dans le grade d'apprenti
- dans le grade de compagnon
- dans le grade de maître
- dans le grade de maître écossais de saint André
lundi 29 juin 2009
Eléments de mariologie willermozienne
Vous [...] puiserez [dans cette doctrine] des lumières étonnantes sur un Etre prédestiné avant le commencement des temps, et qu'aucune communion chrétienne n'a connu jusqu'à présent sous son vrai jour, je veux dire la Vierge Marie, Mise temporelle du Verbe incarné : que de choses sublimes et ignorées sur cet Etre créé ; et si élevé au-dessus de tous les autres êtres créés : quelle gloire ! quelle grande destination, et quel secours pour la fin du temps général et particulier. Votre surprise sera grande lorsque Vous reconnaîtrez l'importante et nécessaire destination de la femme en général dans cet univers [...]
mercredi 17 juin 2009
Image et ressemblance : Genèse, Irénée, Willermoz
Genèse 1, 26 :
Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance
Saint Irénée de Lyon, Adv. haer., III, 18, 1, SC 211, P. 342-343 :
Lorsqu'Il S'est incarné et S'est fait homme, Il a récapitulé en Lui-Même la longue série des hommes, nous donnant le salut en bloc, pour que nous retrouvions en Jésus-Christ ce que nous avions perdu en Adam, à savoir l'image et la ressemblance de Dieu.
Première maxime, Rituel d'Apprenti, Régime écossais rectifié :
L’homme est l’image immortelle de Dieu ; mais qui pourra la reconnaître, s’il la défigure lui-même ?
jeudi 11 juin 2009
Le sacrement, une instance de déification
Tout sacrement a [...] une assise historique et une portée eschatologique. L'actuel vise l'éternel. C'est exactement l'opération d'un mystère. Répétons-le : selon ce qui est enjoint et promis d'en haut, le sacrement prépare et anticipe dans l'espace et le temps où nous nous trouvons aujourd'hui ce à quoi nous sommes appelés à prendre part quand les "éons" prendront fin, et ce qui a été décidé oar Dieu, selon la grâce "donnée à nous en Christ Jésus avant des temps éternels" (2 Tm 1; 9 ; Tt 1, 2)C'est bien pourquoi le sacrement est par nature une instance de sanctification et de déification [...]. Et l'Eglise fait ce qui est en son pouvoir à cette fin et qui lui a été donné, pour que ses membres deviennent, mutatis mutandis, conformes à l'Archétype selon lequel l'homme est créé, , "pour que nous puissions garder la splendeur et la grâce de l'Esprit Saint... et que notre âme porte l'image et la ressemblance divines" [Saint Ambroise de Milan, Du Saint Esprit, I, VI, 76 ; PL VXVI, 723].


