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lundi 11 janvier 2010

La Nativité, entre saint Clément d'Alexandrie et L-C de Saint-Martin

Dans Le Ministère de l'Homme-Esprit (partie 3), Saint-Martin souligne l'importance des fêtes religieuse en reprochant à l'homme ce qui suit :
Pourquoi dans toutes vos solennités ne nous donnez-vous que pour des commémorations, ce qui ne devrait avoir lieu que pour opérer en nous des réalités toujours croissantes ? Pour que ces solennités fussent de vraies fêtes religieuses, il faudrait que l'esprit qui devrait y présider par votre organe, nous fît monter réellement lors de chaque période au degré de virtualité où la chose divine a monté elle-même dans le monde lors de cette époque.
On pressent ainsi que chaque fête à une dimension commémorative mais surtout une dimension spirituel qui doit se réaliser dans l'intérieur même de l'homme spirituel.

Puis s'adressant à l'Homme-Esprit, Saint-Martin l'exhorte ainsi :
C'est ainsi que les enfants de la nouvelle loi, lors de la fête de la naissance du réparateur, devraient par votre ministère et votre exemple, faire naître en eux ce réparateur lui-même, et lui ouvrir la porte à l'accomplissement de toute sa mission dans leur individu, comme il l'a accomplie pour l'universalité.

Ainsi, Saint-Martin insiste-t-il sur l'intériorisation de cette fête de Noël, c'est-à-dire sur la naissance dans le coeur de l'homme de ce Réparateur dont on commémore la naissance le 25 décembre de chaque année et dont le processus de génération en nous mêmes est une tâche de tous les jours.

Selon des modalités légèrement différentes, saint Clément nous présente la relation entre Jean le Baptiste, Jésus le Christ, et la naissance de ce Verbe en nous selon une méthode toute alexandrine lorsqu'il écrit (Protreptique, ch. 1 , trad. SC 2bis, p. 63 rev.) :
N’est-il pas étrange, mes amis, que Dieu nous exhorte toujours à la vertu, et que nous, nous nous dérobions devant ce secours, que nous remettions le salut ? Est-ce que Jean aussi ne nous invite pas au salut, n’est-il pas tout entier une voix qui exhorte? Demandons-lui donc : « Qui es-tu parmi les hommes, et d’où viens-tu ? » Il ne dira pas qu’il est Élie et il niera être le Christ, mais il confessera qu’il est une voix criant dans le désert (Jn 1,20 et sq). Qui donc est Jean ?
Pour prendre une image, qu’on me permette de dire : une voix du Verbe, de la Parole de Dieu, qui nous exhorte en criant dans le désert…: « Aplanissez les chemins du Seigneur » (Mt 1,3). Jean est un précurseur et sa voix est le précurseur de la Parole de Dieu, voix qui encourage et prédispose au salut, voix qui nous exhorte à chercher l’héritage du ciel.
Grâce à cette voix « la femme stérile et solitaire ne sera plus sans enfants » (Is 54,1). Cette grossesse, la voix d’un ange me l’a annoncée ; cette voix aussi était un précurseur du Seigneur, qui apportait la bonne nouvelle à la femme qui n’avait pas enfantée (Lc 1,19), ainsi que Jean à la solitude du désert. C’est donc par cette voix du Verbe que la femme stérile enfante dans la joie et que le désert porte des fruits. Ces deux voix, précurseurs du Seigneur, celle de l’ange et celle de Jean, me communiquent le salut caché en elles, en sorte qu’après la manifestation de ce Verbe, nous cueillons le fruit de la fécondité, la Vie Éternelle.
Et avec saint Clément d'Alexandrie nous avons une piste sur la raison (inconsciente ?) qui a fait de Jean le Baptiste le saint patron des francs-maçons, ces hommes appelés à devenir des hommes-esprits...

La femme stérile (semblable au désert, semblable à l'âme déchue) se voit annoncée, par une voix du Verbe (l'Ange) une future naissance. A qui cette femme va-t-elle donner naissance ? A une autre voix du Verbe (Jean le baptiste). Jean qui annoncera à son tour, par sa voix, dans le désert (celui de notre âme), le Verbe de Dieu.

Et ainsi, d'Alexandrie à Paris, et à travers les siècles, nous apprenons que ce Verbe est appelé à "naître en nous" pour que nous "cueillions le fruit de la fécondité [c'est-à-dire] la Vie Eternelle" et alors la mission du Verbe fait chair sera accompli "dans notre individu" après son "accomplissement pour l'universalité".

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