Un dogme (Du grec δόγμα dogma : « opinion » et δοκέω dokéô : « paraître, penser, croire ») est une affirmation considérée comme fondamentale, incontestable et intangible par une autorité politique, philosophique ou religieuse qui emploiera dans certains cas la force pour l'imposer.On voit d'emblée le caractère péjoratif et caricatural qui accompagne la définition du mot dogme puisqu'on y accole "l'emploi de la force" alors que l'étymologie du mot ne s'y réfère guère !
Les auteurs de la définition confirme cela d'ailleurs en écrivant un peu plus bas :
Cet usage est en général péjoratif et sous-entend que les gens soutenant une telle croyance le font par conformisme et sans critique. [...] Le concept de « dogme » est souvent utilisé avec une intention critique ou polémique pour qualifier des affirmations présentées comme incontestables mais qui ne sont pourtant fondées ni par une croyance religieuse ni par une démonstration rationnelle.Puis on nous explique :
[...] un dogme n'est pas assimilable à un axiome. Comme le « dogme », l'« axiome » est une vérité admise bien qu'elle ne soit pas rationnellement démontrable. Cependant, l'établissement d'un axiome résulte d'un choix délibéré et sa validité n'est réputée indiscutable que dans le cadre d'une théorie tandis que le dogme est considéré comme une vérité absolue s'imposant a priori.Or on peut très bien voir de nos jours des tenants d'un dogme qui admette bien que :
un dogme résulte d'un choix délibéré et sa validité n'est réputée indiscutable que dans le cadre d'une théorie.Dans "ma" théorie religieuse, tout s'appuie sur le fait que :
- Dieu crée l'homme
- L'homme contredit Dieu
- L'homme sort du sillage de Dieu (immortalité, etc.)
- L'homme est soumis à la mort
- Dieu, par pur amour, devient homme tout en restant Dieu
- Ce Dieu-homme vainc la mort qui est l'essence même de l'état actuel de l'homme
- Grâce à cette victoire, Il ouvre la voie à chaque homme pour vaincre son état actuel
- Chacun est donc désormais libre de rechercher (ou non) cette même victoire
Voilà une série de dogmes qui ne sont vrais que dans la théorie ainsi exposée. Je peux considérer que cette théorie explique la totalité de l'univers sans pour autant chercher à l'imposer à la totalité de l'humanité. Je suis alors en présence de dogmes (ou axiomes si on veut faire "soft") sans que cela aboutisse nécessairement à "l'emploi de la force" que la définition péjorative citée supra mettait en avant d'emblée !
J'irais même plus loin, la liberté de l'homme de suivre (ou non) le chemin proposé est un dogme sans lequel la théorie ainsi exposée ne tiendrait plus... Ainsi, je peux bien avoir des dogmes / axiomes qui m'aide à établir une théorie à laquelle j'adhère et qui cesserait d'être vraie si je devais l'imposer à l'autre !
Ce n'est pas parce que l'homme fait mauvais usage d'une chose que la chose est essentiellement néfaste. Ce n'est pas parce que l'homme a usé (et use encore) des religions (dogmes) pour nier l'autre que la religion (le dogme) est essentiellement néfaste. Si ma main appuie sur la gâchette, ce n'est pas mon doigt qui est coupable, c'est mon esprit qui a donné l'ordre d'appuyer :-)


Bravo pour cette excellente analyse !
RépondreSupprimerCelle de Wikipédia, que je ne connaissais pas, est extrêmement pernicieuse. La transmission de la vérité exclut absolument l'usage de la force : même si l'histoire montre des milliers de comportements inverses, il n'en reste pas moins qu'au lieu de servir la vérité ils la desservaient. Les apôtres allaient-ils évangéliser accompagnés de troupes armées ? C'était plutôt le contraire...
La réception de la vérité suppose obligatoirement la liberté de qui la reçoit. Si, comme le dit l'apôtre Paul, la vérité rend libre, elle doit être reçue librement. Agir autrement, je n'hésite pas à le dire, est sacrilège, en tout cas anti-évangélique.
C'est ce qu'avait exposé le pape Benoît XVI dans sa remarquable conférence aux Bernardins, qui lui a valu d'être mis en pièces par des journalistes dont la mauvaise foi égalait l'ignorance (les deux vont toujours ensemble). Je suis d'autant plus libre pour le dire que je ne suis pas catholique romain...
mon BAF, je prends plaisir à lire ces "évidences", pardonne moi le terme car c'est le premier qui me vient
SupprimerQuel bonheur de voir que le mot dogme soit remis à sa juste place. Dans l'eglise primitive et notamment durant la période apologétique où les chrétiens pour justifier leur foi ont dû argumenter (puis plus tard: Origene/Contre Celse; St Irénée contre les faux gnostiques dits hérétique)et la rationaliser. Lors des premiers conciles on n'utilisait jamais le terme de dogma mais dogmas, car une opinion ne vaut que dans la mesure ou elle se frotte à d'autres, des dogmas (des opinions) ont émergé la doctrine de la foi.La Franc-Maçonnerie est dogmatique dans la mesure où chacun exprime une opinion.
RépondreSupprimerMerci pour cette mise au point d'utilité publique ! Le dogme est indissociable de la foi et la foi n'a aucun sens sans liberté.
RépondreSupprimerPar ailleurs, il est curieux de constater qu'à l'instar des mouvements se clamant "non dogmatiques" ou "a-dogmatiques", la plupart de nos contemporains n'ont plus la foi. Rejetant le dogme, ils font par contre l'apologie de l'hérésie, c'est à dire de l'opinion subjective et sans fondement. Résultat sans doute de l'individualisme extrême qui règne en nos sociétés qui loin d'être de la liberté est plutôt aliénant.