Twitter updates

vendredi 27 janvier 2012

La chute et le corps d'après le Père Bouyer

Dans son ouvrage intitulé Le sens de la vie sacerdotale (Cerf, 2009), le Père Bouyer aborde la place du corps dans l'état d'homme déchu (p. 124) :


En réalité, ce n'est pas la chute de l'homme mais bien la volonté de son créateur qui a fait de lui un esprit dans un corps, ou plutôt un esprit dont la nature même implique son union intime avec un corps. Ce même Dieu est d'ailleurs le créateur du monde physique aussi bien que spirituel. Ou, mieux, il a créé les deux, la matière et l'esprit, pour que l'une exprime l'autre, pour que le second régisse la première. S'il est tellement important d'être mis en garde contre les pièges du monde et de la chair, ce n'est pas parce que notre esprit devrait fuir la création, à commencer par son propre corps. C'est au contraire parce qu'il ne le peut, quand même il le voudrait, et qu'il doit donc lutter contre cette perversion du corps que saint Paul appelle la chair, cette perversion de la création physique que le monde actuel représente, d'après saint Jean. Il fera l'uni et l'autre non en vivant en dehors de son corps et de l'univers, ce qui n'a pas de sens, mais en se libérant des chaînes que l'esprit lui-même s'est forgées par le mauvais usage qu'il a fait de ceux-ci. Et cette libération, c'est un bon usage, seul, qui peut l'obtenir. La sobriété, voire même la mortification, y sont nécessaires ; mais l'une et l'autre seraient vaines, voire impossibles, si elles n'étaient éclairées par une juste vision de ce que le corps et toute la création physique devraient être pour l'esprit : c'est-à-dire à la fois l'instrument de sa connaissance du Dieu qui a fait tout cela, et l'instrument de sa louange du Créateur.


Cette profonde méditation sur la relation entre l'esprit et le corps permettra au maître du Régime rectifié de comprendre plus à fond le message qui lui est délivré lors de sa réception. Son intelligence ainsi éclairée lui permettra alors d'aller au-delà du simple rejet de la matière qui peut le tenter par facilité.

Elle le préparera également à bien comprendre les premiers pas qu'il fera en loge écossaise.

3 commentaires:

  1. Oui, Nirvâna et Samsâra sont, au final, une seule et même chose...

    RépondreSupprimer
  2. Je dois dire que je ne maîtrise pas le vocables hindous, j'ai déjà du mal à avancer avec le grec, l'hébreu et l'araméen ;-)

    RépondreSupprimer
  3. Jacques CourtoisJan 27, 2012 10:06 AM

    Merci de m'avoir fait connaître ce précieux texte !

    RépondreSupprimer